Vous entendez : L'Indifferent
(Ravel Shéhérazade No. 3)
concert recording, Bad Kissingen, 27.12.08


Un grand amour : Shéhérazade à Paris
Compositions et musique pour le piano des derniers sultans,
Callisto Guatelli Pascha & Franz Liszt
Ernest Chausson : La caravane / Maurice Ravel : Shéhérazade
«… une soirée enivrante … » Stimme.de, Monika Köhler, 24.10.2009
« Intimité et éloignement restèrent les deux pôles de cette soirée, d’autant plus enrichissante grâce au programmeconçu de manière exemplaire, … Dilek Geçer, avec son soprano aux riches facettes, conféra une forte intensité aux arrangements des chansons de Callisto Guatelli Pascha.
Dans la seconde partie du programme, on était tout bonnement emporté par ce chant chargé d’érotisme.
Celalettin Biçer au ney et au qanûn, Ahmed Kadri Rizeli (kemençe) et Ugur Isik (violoncelle)
créèrent des moments magiques, dans l’improvisation commune également. » fg, Main Post, 30.12.2008
« …des ponts jetés d’une enivrante suavité… C’est le soprano riche en nuances, au velouté lyrique, de Dilek Geçer qui a agi ici comme
un élément jeteur de ponts… un grand écart stylistique effectivement étonnant.… Le chef Ivanoff laissa à cette soirée sa douceur narcotique. »
Matthias Wagner, Kronenzeitung, Graz, 15.7.2007
Vladimir Ivanoff et Sarband racontent l’histoire d’une approche fascinante et recréent l’Europe en Turquie et l’Orient à Paris.
Ce fut un grand amour : le sultan Abdülaziz, l’un des derniers souverains de l’empire ottoman, composait avec passion de merveilleuses musiques dans le style européen. À la même époque, des artistes occidentaux voyaient dans l’empire ottoman - avant tout – une
« orientalité » auréolée de mystère, un paysage imaginaire empli de sombres nostalgies, et se surpassèrent en exotismes
sans cesse renouvelés.
Sur les plans politique et culturel, la Turquie ottomane se considérait comme une partie de l’Alliance européenne,
mais les grandes puissances occidentales ne la toléraient plus que comme « l’homme malade de l’Europe ».
En même temps, pour les artistes et les hommes de lettres européens, l’Orient géographique s’estompait de plus en plus pour ne plus devenir qu’un espace non situé, un « Orient imaginaire », un réservoir de nostalgies jamais apaisées,
d’obscurs désirs et de fantaisies débridées, tabous en Europe.
Et c’est pour cela que l’Orient ne pouvait pas faire partie de l’Europe, qu’il devait être tenu à l’écart, afin de continuer à alimenter le fantasme collectif européen. Le grand amour resta inassouvi et aujourd’hui encore, Shéhérazade frappe en vain à la porte de l’Europe.
