Au premier abord, il pourrait sembler aberrant d’interpréter la musique d’Erik Satie sur des instruments du Proche-Orient,
lui qui, dans ses compositions originales, personnifie plus que n’importe quel autre l’esprit français.
Néanmoins, les instruments jettent une tout autre lumière sur l’accès intuitif qu’avait trouvé Satie vers ce langage musical
totalement nouveau et personnel.
Sa vision tenait des rêves, et dans certains passages éphémères surgissent simultanément le Moyen Âge, l’Orient et la Grèce antique.
Erik Satie a vécu la fin d’un siècle, au cours de laquelle le progrès technico-scientifique et les bouleversements sociaux augmentèrent à un rythme infernal. Comme tant d’autres, il tente de faire marche arrière, s’absorbe dans le passé et le lointain,
il se crée son propre Moyen Âge et son Orient imaginaire, tels des paysages psychologiques personnels, avant de reconnaître
– tout comme nous – qu’il ne s’agit que d’un amour à distance.
Les œuvres du programme : E. Satie: Gymnopédies / Gnossiennes / Chansons Médiévales /
Sonneries de la Rose + Croix / Uspud / Prince de Byzance
Miriam Andersén : chant, harpe gothique / Celalettin Biçer : nei / Ahmet Kadri Rizeli : kemenge / Gilbert Yammine : qanûn / Fabio Accurso : luth / Vladimir Ivanoff : percussions, luth, direction musicale & arrangements
« Une soirée savoureuse et avant tout, délassante! » Sabine Fauland, Kronen Zeitung, 22.6.2004