Une musique qui raconte des histoires et qui, elle-même, est Histoire : des courants de différentes cultures musicales
qui se sont rejoints en des lieux historiques et géographiques différents et qui, poussés par le courant de l’Histoire,
durent à nouveau s’éloigner les uns des autres.
L’odyssée musicale de l’ensemble Sarband à travers l’espace méditerranéen et huit cents ans d’histoire de la musique,
ne veut prouver ni l’existence d’une influence réciproque probable ni celle de contraires insurmontables :
elle ne trace qu’un tableau musical de la vie commune et quotidienne des juifs séfarades avec les chrétiens et les musulmans d’Al-Andalus, dans l’empire ottoman et au sein de la diaspora européenne.
À côté d’hymnes soufis musulmans composés par un chrétien converti figurent des chants séfarades ;
les Cantigas de Santa Maria, recueillies au XIIIe siècle par le roi d’Espagne, Alphonse le Sage,
et de la polyphonie espagnole et catholique du monastère de femmes Las Huelgas, résonnent aux côtés de
la musique de cour ottomane-turque de compositeurs juifs.
« Chanterai por mon Corage », dit l’espoir, empli d’anxiété, d’une dame attendant le dénouement heureux de la croisade
à laquelle participe son bien-aimé, mais exprime également l’espoir que les cultures et les religions puissent
à nouveau vivre côte à côte, et peut-être parfois aussi ensemble, tout comme ce voyage musical l’évoque.
Miriam Andersén (Suède) : chant & harpe gothique / Fadia el-Hage (Liban) : chant / Mustafa Dogan Dikmen (Turquie) : chant & percussions / Celaleddin Biçer (Turquie) : ney & kanun / Ahmet Kadri Rizeli (Turquie) : kemençe / Bahadir Sener (Turquie) : kanun / Vladimir Ivanoff (Bulgarie / Allemagne) : percussions, oud, direction musicale


